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Journal | Août 2019

 
  • mercredi 14, cohue
FHEL | Cabinets de curiosités
FHEL | Cabinets de curiosités

Cabinets de curiosités, FHEL, Landerneau, jusqu’au 3 novembre 2019

Poussée par la curiosité, car rarement déçue même si c’est déjà arrivé, direction la loooonngue file d’attente à l’entrée du FHEL, sans savoir du tout à quoi m’attendre sinon sans doute quelque chose digne d’intérêt...
Le rapport que nous entretenons à l’objet est souvent complexe, et peut-être que, malgré les non-attentes, j’en avais quand même un p’tit peu, cachées dans un recoin... Beau, utile, vecteur de connaissance, rapport affectif ou psychologique particulier... Pourquoi les collections... Créer une nouvelle forme dans l’assemblage ? Définir son identité par la collection ? Rapport à la possession. Rapport à soi. Rapport aux autres. Rapport au temps. à la transmission. Pourquoi l’accumulation...
Hé bien cette expo ne m’aura donné aucune piste de réponse, rien, nada, que dalle, circulez m’sieur-dame. La scénographie consiste en une juxtaposition de « salles » au nom des lieux où ont été empruntées les différentes collections et aménagées pour la plupart comme des couloirs de circulation entre les vitrines devant lesquelles la foule estivale ne peut faire que passer. Ajouter à cela des cartouches peu lisibles (écrits petit, trop peu illuminés) et sans référence aux différents objets présentés, des vitrines à 1,20m de haut minimum excluant toute personne de petite taille, gosse ou personne en fauteuil. On avance ou on se percute... Accumulation de visiteurs...
Je retrouve alors la même sensation que lors de l’expo Picasso, d’être poussée vers la sortie, ou plus précisément vers la boutique qui à cette occasion avait doublé de surface, faut pas déconner non plus [1] ! sans avoir eu les clés. L’impression de passer à côté... Peut-être le Guide du visiteur remis à l’entrée m’en donnera-t-il au moins quelques-unes ?
Si vous voulez tester, peut-être dès l’ouverture, ou à l’heure du déjeuner ? Vous me direz.

 

 
  • jeudi 15, expo et verdure
Marc Didou, D'après nature
Marc Didou, D’après nature

Marc Didou, regard d’artiste : D’après nature, exposition au Domaine de Trévarez, jusqu’au 13 octobre 2019

Ouh la mauvaise élève !!! ce n’est qu’en croisant le catalogue d’expo dans une librairie bien connue de la rue de Siam que j’ai pris connaissance de cette expo...
Et oui, bizarrement, les gens qui s’amusent avec des troncs d’arbre et leur écorce, ça m’attire l’œil et la curiosité ;)
Plus que de longs discours, de la doc ci-après. J’ai beaucoup aimé. Le jeu et la réflexion sur les matériaux, la transformation, l’industrialisation, dedans-dehors, intérieur-extérieur, et forcément les images et les symboles derrière tout ça. Ce que ça peut susciter en nous, humains. Corpus et cortex. Tronc et écorce... Corps et intellect. Matière et immatériel. Esprit.
Si j’ai le temps, je crois bien que j’essayerai d’y retourner !!

Derrière l’écorce

 

 
  • vendredi 16, livre blanc
Le loup
Le loup

Le loup, BD de Jean-Marc Rochette, Casterman, 2019

C’est l’histoire d’un loup solitaire. Un vieil homme et la mer à la montagne. Perdu entre le blanc immaculé des cimes et le noir de ses propres profondeurs. En miroir. La lutte acharnée de l’homme face à la nature impitoyable. À moins que...
Très très bel ouvrage, et beau voyage que cette lecture montagnarde. Puis, à ceux qui ne lisent pas les postfaces, celle-ci mérite au moins un coup d’œil, promis =)
Un tout grand merci à la personne qui m’a offert ce livre, et à celle qui le lui a conseillé, pour une « montagnarde », derrière vos loups vous avez fait... mouche.
Un vrai coup de cœur que je recommande à mon tour.

 

... en voyage, ce qui n’empêche pas de découvrir quelques expos, et de les partager, au cas où, un jour, sait-on jamais... Quant aux expos temporaires, il leur arrive à elles aussi de voyager !

 
  • dimanche 25, expo en plein air et visite de musée
Pétroglyphes de Tanum
Pétroglyphes de Tanum

Gravures rupestres de Tanum, exposition permanente, Tanum, Suède

Aucune certitude en ce qui concerne leur histoire, leur genèse, leur signification. Mais la déstabilisante sensation d’être destinataire, voire récipiendaire d’un message venu du fond des âges. À cet endroit le temps s’est évaporé, il n’a plus d’existence (s’il en a seulement une...) et par ces gravures laissées là par ces hommes, ces femmes finalement pas si lointains, un lien. Ils étaient juste là. La pierre peut témoigner. Juste à l’instant. Une expérience qui permet de remettre l’humanité en perspective, elle en a bien besoin. Si vous passez dans le coin, sincèrement, faites le détour.
Une grande collection de gravures sur pierres plates, repeintes en rouge pour nous aider à mieux les percevoir, réparties sur cinq sites (prise par le temps, je n’ai visité que ceux de Vitlycke, Aspeberget et Litsleby), une des plus importantes de Suède. Tant qu’elles résistent à l’abrasion due aux changements atmosphériques récents, elles s’effritent... Elles ont 3500 ans mais le dernier siècle semble avoir été plus dur que les autres (« sulfure et nitrogène dus à la circulation, au chauffage et aux usines » peut-on lire sur une notice). Pourvu que notre mode de vie ne détruise pas aussi cette brèche dans le temps.

 

Musée Kon Tiki
Musée Kon Tiki

Musée Kon Tiki, exposition permanente, Oslo, Norvège

Oslo n’abrite pas qu’un seul musée (et pour cause, il y en a toute une presqu’île, sans compter ceux installés dans en centre-ville), alors pourquoi celui-ci ?! Simplement parce que des amis tahitiens qui l’ont visité récemment m’en ont parlé, que là-bas, le Kon Tiki a une portée particulière, celle de la quête des origines, notamment, partiellement, que de la force de ce symbole il en reste forcément quelque chose, même des années après, quand in y a baigné sa petite enfance... Peut-être un peu d’attirance pour le côté doux rêveur que personne ne prend au sérieux. Peut-être.
Donc, après le musée Munch, à Oslo cette fois-ci, c’était Kon Tiki. Ou plutôt devrais-je dire Musée Heyerdahl, de Thor Heyerdahl, le doux rêveur en question, initiateur du projet du Kon Tiki, mais aussi, ensuite, d’autres expéditions, aux Galápagos, sur l’île de Pâques, en Méditerranée et à travers l’Atlantique avec Ra et Ra II, en Mésopotamie avec Tigris, aux Maldives et au Pérou, toujours dans le but de rechercher sur les bases d’interrogations archéologiques les liens qu’entretenaient les civilisations anciennes les unes avec les autres, les transferts populations et de cultures ou éventuels échanges commerciaux.
Le musée reprend donc le parcours d’Heyerdahl au fil de ces différentes aventures, avec un point particulier sur le Kon Tiki bien sûr, Ra II, et Tigris, dont des reproductions grandeur nature occupent les salles principales du musée. On y découvre le développement du projet Kon Tiki, les difficultés à convaincre d’abord, puis à survivre à chaque instant de cette traversée de l’océan Pacifique à bord d’un simple radeau de balsa. Les projets qui ont suivi alors qu’il était devenu plus crédible. Les avancées scientifiques que les conclusions de ces expéditions ont permises. Une vie dédiée à prouver que les hommes n’ont pas attendu le train, l’avion ou les internets pour échanger.
Pas un gros musée, mais j’ai beaucoup apprécié les découvertes que j’y ai faites, notamment celle du bonhomme.

Des frontières ? Je n’en ai vue aucune. Mais j’ai entendu dire qu’elles existent dans l’esprit de certaines personnes.
Thor Heyerdahl

 

[1On a la bosse du commerce ou on l’a pas.

P.-S.

L’été, les amis en vacances, les soirées passées ensemble... donc moins de temps pour les lectures, spectacles, films. Mais qu’est-ce que c’est bon aussi ! =)

Première mise en ligne 17 août 2019, dernière modification le 8 octobre 2019

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